Du bon usage de votre carte Carrefour à l’étranger
On a tous quelque chose en nous on a tous une carte Carrefour dans la poche ou au fond d’un tiroir. Tous. MacGyver en a une, j’estime donc que ça fait partie du trousseau de toute personne sensée.
Si toi aussi tu rénuis les conditions suivantes, lis bien la suite car il en va de ta vie :
- habiter à l’étranger
- jouer de la guitare
- ne pas trouver son putain de médiator (ou bien ne pas en avoir du tout)
- déterminer mentalement une forme triangulaire dans la carte Carrefour.
- découper la carte en suivant les arêtes du triangle que vous venez d’imaginer
- crier “victoire”
- brancher son instrument et jouer un hymne à la gloire de son ingéniosité
Slogans de vie
Parmi les trucs que j’aime faire, il y a : imaginer des slogans de vie.
De quoi s’agit-il !?
C’est simple : l’idée est d’associer un verbe et un nom, avec “ton”, “ta” ou “tes” entre les deux. Selon moi, les meilleurs résultats sont les plus absurdes, pas forcément ceux intégrant les mots les plus compliqués / rares / etc.
Le but du jeu est ensuite d’appliquer ces slogans à sa propre vie.
Exemples :
- Accrédite ta sustentation
- Désaffecte ton affection
- Nonobste ton inaptitude
- Latéralise tes idéaux
- Nique ta mère
- Favorise ta volubilité
- Signifie ton extinction
- Articule ton indifférence
- Postériorise ton mysticisme
- Fustige ton encéphale
- Ostracise ton relativisme
- Gargarise ta turpitude
- Suce tes atermoiements
- Copule ton structuralisme
Laissez les vôtres dans les commentaires, je publierai les meilleurs dans le prochain lot !
Résumé des épisodes précédents
On dirait que l’horizon se dégage…
Après des semaines de batailles menées sur deux front pour récupérer l’argent de notre caution d’une part, et les papiers de ma femme d’autre part – voir détails plus bas – nous avons obtenu gain de cause auprès de l’agence qui nous devait des Sioux.
Concernant les papiers, c’est en bonne voie mais il va probablement falloir aller les retirer dans l’un des pires endroits qu’il m’a été donné de fréquenter : la région parisienne. Dans une préfecture, qui plus est
Résumé des conneries péripéties :
- avec l’agence immobilière
Avant de commencer, une recommendation : précipitez-vous vers la franchise de Brunoy de l’agence dont le nom évoque la période située entre 2001 et 2100 si vous aimez vous battre pour faire valoir vos droits.
La loi : une agence (ou un propriétaire) dispose d’un délai légal de deux mois pour rendre la caution qui a été déposée au moment de la signature du bail.
Les faits, dans notre cas : Millenium 210 dispose du temps qu’ils veulent pour restituer une caution, mais répond favorablement au stimulus “Madame, c’est la dernière fois que nous nous parlons. J’emploierai d’autres moyens si dans 72 heures – c’est le temps que peut prendre un virement – je n’ai pas observé une rentrée d’argent sur mon compte correspondant au montant que vous me devez depuis un mois.”
- avec l’Administration
Cette affaire est plus complexe : je ne vais pas donner les détails ici, mais en gros, il faut savoir que l’administration n’aime pas que ses administrés déménagent. Ça les déstabilise et ils font plus rien que des conneries.
Nous, on a déménagé. Deux fois. Avec changement de département et donc de préfecture. Ma femme, qui n’est pas de nationalité française, doit faire refaire ses papiers tous les ans et notre premier déménagement a eu lieu entre le moment où elle a déposé sa demande de renouvellement et le moment où ses papiers n’ont pas été faits. Car oui, c’est très long : le renouvellement d’une carte prend entre 2 mois et ∞. La deuxième demande de renouvellement a donc été faite dans le département de notre nouvelle adresse.
Ça n’est peut-être qu’une impression, mais il me semble que je suis en train de rentrer dans les détails… pour résumer : on nous a dit aujourd’hui, c’est à dire 8 mois après la demande, que les choses devraient s’accélérer et qu’on pourrait vraissemblablement récupérer la carte d’ici une semaine.
Ô Fortuna !
Ô Fortuna, ô Coïncidence, ô Surprise !
Comme tu m’as eu quand, alors que je faisais mes petites courses et, levant le nez de mon chariot, mon cerveau assimila les informations que renvoyaient l’objet qui venait de pénétrer dans mon champ de vision !
Car c’est bien toi, Déesse-Qui-Manipule-La-Roue, qui plaças cet homme et son accoutrement dans la périphérie du continuum espace-temps qui était le mien alors.
Lecteur, Lectrice, j’entends mettre fin ici et maintenant à l’attente qui ronge ton esprit et rend fébriles tes membres depuis que tu as vaillamment entrepris de lire ce billet. Mon esprit parvint malgré l’éclat de la stupeur dont j’étais naturellement pris à dicter à mes bras et à leurs appendices digitaux les gestes qui permirent que tu contemplatasses aujourd’hui la vision qui me valut l’effroi dont tu commences, j’en suis sûr, à mesurer la profondeur :

Ô Fortuna, tu as voulu faire coïncider ma présence et la sienne dans un même continuum espace-temps !
Mais… Qu’est-ce que… Ce drapeau… Serait-ce… ? Mais… Mais oui ! C’est le drapeau de Taïwan !
Fortuna, tu savais ! Tu savais que c’est à Taïwan que ma femme et moi-même nous installons dès la fin de ce mois, et tu as voulu mettre en notre présence celle de cet homme plein d’audace, faisant battre pavillon taïwanais au milieu d’un océan de denrées fabriquées en Chine !
Ô Fortuna, penses-tu que ce corsaire des allées “mobilier de jardin” et “casserolles sous plastique” sache même la nature de ce qu’il porte au dos ?
J’ose croire que non. Pas plus que les personnes qui se font tatouer des sinogrammes sans savoir ce que ceux-ci représentent, par des tatoueurs ne sachant pas forcément écrire chinois non plus.
Je ferai d’ailleurs un parallèle avec le même phénomène observé à Taïwan, où l’on voit un peu partout des mots étrangers ayant valeur d’écrin pour les produits auxquels leurs vendeurs espèrent donner un caractère exceptionnel en les affublant de “slogans” plus ou moins corrects.
J’en veux pour preuve les quelques exemples suivants, glanés lors de mon dernier séjour à Formose :
La mesure de la pensée

Alors voilà : un jour j’ai pensé que ce serait chic si on pouvait mesurer la pensée parce que ça permettrait de faire un ratio entre ce que l’on dit et ce que l’on pense.
Conséquences : en divisant la masse d’une pensée par la masse de la parole l’exprimant, on pourrait par exemple comparer l’efficacité d’une langue par rapport à celle d’une autre ! Une personne en parlant plusieurs serait à même de répondre à la question : “Suis-je la même personne selon que je pense / m’exprime dans une langue ou dans une autre ?”
Imaginez qu’on puisse mesurer la capacité à formuler ses idées d’un individu au cours de son développement, dès même les premiers temps de sa vie. A votre avis, le développement de cette capacité suivrait quel type de courbe ?
On peut imaginer qu’il serait alors possible de déterminer si c’est la parole qui structure la pensée ou bien l’inverse.
Quoi qu’il en soit, j’ai récemment été amené à m’informer sur une certaine branche de la philosophie – la noétique – et j’ai immédiatement fait le rapprochement avec mes divagations.
A suivre ?
J’ai fait une bitare !
Oui, une bitare. Disons que c’est comme une guitare rudimentaire, avec seulement deux cordes – d’où le nom.

Pourquoi acheter une guitare quand on peut en faire une ?
Je suis pas luthier, j’ai donc fait appel aux talents de mon voisin puisqu’il sait plus ou moins tout faire avec ses dix doigts et ses nombreux instruments. Auparavant, j’avais quand-même fait le plus simple : trouver une planche et la couper aux dimensions voulues, y visser ce qui servira plus tard à tenir les cordes en place :


Ensuite, mon luthier de voisin a perforé la planche pour les mécaniques puis les a vissées au bois. Un peu de soudure et l’électronique est en place aussi :

Il ne reste plus qu’à mettre en place le “chevalet” et les cordes ! Rock & Roll !




